Ce phénomène Kuluna n’est pas un accident fortuit de l’histoire. On n’a pas à en être surpris. Nous voyons une vague de Tsunami déferler sur notre capitale mais les tremblements sous-marins qui sont à son origine ne nous sont pas inconnus. Au contraire tout était prévisible. Tout est lié à l’histoire politique de notre pays.

Et pour cela on doit remonter bien loin à l’époque de Mobutu. Car c’est bien de là que viens la semence dont nous récoltons les fruits amers aujourd’hui.

Beaucoup n’ont sans doute pas oublié la fameuse zaïrianisation, cette politique d’expropriation qu’avais initié Mobutu à l’encontre des expatriés européens qui vivaient au Zaïre en 1971.

Les arrivistes zaïrois qui ne s’y connaissaient en rien à la gestion des entreprises ont vite contribués a la faillite de toutes ces entreprises et commerces dont ils avaient hérités. Et la conséquence directe a été  le chômage de millions de travailleurs et par la suite la déscolarisation de leurs enfants. La mauvaise gouvernance de Mobutu a fait le reste : on a clochardisé des centaines de milliers de fonctionnaires qui n’ont plus été en mesure de subvenir aux besoins de leurs familles, avec des conséquences sociales aggravées : augmentation du nombre des enfants de la rue, pauvreté, injustice sociale criante…etc.

Et pour couronner le tout, les pillages des années 91 et 93 ont achevé de saper les fondements économiques du pays car ils ont du jour au lendemain mis au chômage une masse énorme de gens actifs.

Au premier rang des sacrifiés il y a eu tous ces jeunes dont l’avenir était devenu sombre. Dans la rue, sans éducations, sans argent et sans même espoir d’un lendemain meilleur, le plus facile pour eux était de se verser dans le banditisme et à s’organiser en bandes armées pour commettre des délits, voire des crimes, à l’encontre des populations qui sont à leur tour devenues des victimes de ces gangs. Tout est bon pour exprimer la colère vis-à-vis d’une société qui les a sacrifiés sur l’autel de la politique: vols à main armée, viols de mineures, dépravation des mœurs, alcoolisme et  drogue, coups et blessures volontaires sur les paisibles citoyens, assassinats…

Et le comble est de constater que face à ces gangs, le gouvernement actuel qui hérite de ce monstre est totalement désarmé !

Oui c’est vrai, dans le passé il a répondu à la violence des Kuluna par les patrouilles policières mais qui n’étaient pas fréquentes et donc inefficaces. Il y avait d’ailleurs des zones dangereuses qui empêchaient la chasse aux délinquants. Et quand bien même on en arrêtait certains, à cause de la corruption qu’on connait tous, la magistrature n’allait même pas au bout de son action et remettait en liberté des criminels endurcis et récidivistes qui s’empressent de terroriser à nouveau la population et de s’en prendre particulièrement aux personnes qui ont contribuées à leurs arrestations. 

Quelle est donc la solution ? On peut demander au gouvernement d’améliorer les fondements économiques pour trouver des débouchés d’emploi à tous ces jeunes désœuvrés qui ont trouvé dans la violence gratuite une panacée à leurs problèmes. On peut aussi lui demander d’assurer la réscolarisation des délinquants. Oui c’est vrai, l’intégration économique reste le fondement de l’intégration sociale. Et cela est un travail à long terme mais quelle réponse immédiate peut-on donner à ce phénomène qui envahit notre société ? Je ne suis pas d’accord avec le principe d’abattre ces brigands. Mais dans le contexte actuel de ce pays et au vu de tout ceci il faut une réponse forte face à un mal profond. L’assurance que la justice ne pourra pas les garder en prison a fait de ces malfrats des hors la loi sans le moindre scrupule qui sont prêts à prendre la vie d’autrui aussi facilement qu’ils le feraient avec un animal.

A mon humble avis, la réponse du gouvernement ne rencontre peut être pas le droit mais il est approprié afin de pouvoir maitriser tant soit peu ce fléau. Et en toute apparence cela marche…c’est en tout cas mon opinion personnelle.

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