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Ventre affamé n’a pas d’oreille 30 mars , 2009

Posted by Mutay Douglas in serieux.
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N’importe quel spécialiste d’anatomie humaine pourra vous confirmer que le ventre ne possède aucune oreille, et ce, qu’il soit affamé ou rassasié. Alors pourquoi une telle expression ?
Eh bien simplement parce qu’il est bien connu depuis longtemps (l’expression, sous une autre forme, date du IIe siècle avant J.C.) que celui qui a extrêmement faim est prêt à prendre des risques, à ne pas écouter la voix de la raison pour arriver à manger. Il en est de même pour celui qui, très pauvre, n’hésite plus à utiliser des moyens illicites ou dangereux pour subvenir à ses besoins.
Ici, la personne affamée est réduite à son ventre, ce point qui l’obsède et dont on imagine qu’il crie si fort famine que les hurlements couvrent sa petite voix intérieure qui lui dit de ne prendre aucun risque, même pour satisfaire sa faim, ou bien la voix d’un ami qui tente de lui faire entendre raison.
C’est Caton (dit “l’Ancien” ou “le Censeur”) qui aurait le premier utilisé cette phrase :
Selon Plutarque, biographe de Caton, cette phrase aurait été prononcée alors que, dans une période de disette, les Romains réclamaient à cor et à cri une distribution de blé initialement non planifiée. Caton s’y serait fermement opposé, considérant une telle mesure comme démagogique, et aurait dit à ses concitoyens : “Il est difficile de parler à un ventre, citoyens, car il n’a pas d’oreilles”.
Devenue proverbe, sous la forme “il est difficile de discuter avec le ventre, car il n’a pas d’oreille”, c’est bien plus tard chez Rabelais dans le Tiers Livre que la forme actuelle est attestée pour la première fois, forme que Jean de la Fontaine utilise dans “Le milan et le rossignol” et que Proust l’a détournée en plaisanterie.

 

 

Est-il besoin d’être affamé pour ne plus écouter la voix de la raison ? Il semble qu’il suffise d’être gourmand. Ainsi, le magazine Sciences & Avenir a publié l’information suivante : Donneriez-vous vos mots de passe contre une barre de chocolat ? Interrogés dans le cadre d’une enquête fictive réalisée en 2008 devant une station de métro londonien, ils ont été 21% d’employés de bureau à accepter le troc. Les femmes seraient quatre fois plus faciles à corrompre que les hommes (45% d’entre elles donnent leurs mots de passe contre 10% des hommes).

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